Les violences ont des conséquences durables sur les personnes qui les subissent. En ce 2 octobre, Journée internationale de la non-violence, La Voix des Survivant(e)s rappelle une exigence : les victimes doivent pouvoir être entendues, protégées et accompagnées, et les réformes nécessaires ne peuvent rester sans suite.
En juillet 2025, lors du débat public organisé à la Chambre des députés après une pétition ayant recueilli plus de 5 000 signatures, notre association a présenté 57 propositions pour lutter contre les violences fondées sur le genre et leur impact sur les enfants co-victimes. Elles portent notamment sur la prévention, l’amélioration de la législation et les réponses judiciaires. Plus d’un an après, ces propositions n’ont toujours pas fait l’objet du débat d’ensemble attendu dans les commissions parlementaires. Alors que 47 d’entre elles concernent la justice, elles ne figuraient toujours pas à l’ordre du jour de la commission de la Justice en septembre 2026.
Nous demandons que notre proposition de loi organique soit examinée sérieusement et dans son ensemble. Les avancées ponctuelles ne dispensent pas d’une réforme cohérente : les victimes ont besoin de procédures adaptées, de professionnels formés et de moyens suffisants pour accéder à une protection et à un accompagnement effectifs. Nous demandons aussi qu’un échange ait lieu sur la spécialisation de la réponse judiciaire aux violences fondées sur le genre, y compris sur les solutions envisageables si la création d’un tribunal spécialisé ne peut aboutir à court terme.
Cette réforme doit pleinement prendre en compte les enfants co-victimes. Leur sécurité ne peut être reléguée au second plan lorsqu’une situation de violence est signalée. Nous demandons un principe de protection immédiate de l’enfant et des décisions qui tiennent réellement compte des risques auxquels il est exposé.
Nos demandes ne s’arrêtent pas à cette proposition de loi. Le 18 juillet 2026, nous avons manifesté pour dénoncer les dysfonctionnements du système de protection de l’enfance et exiger sa réforme urgente et profonde. Tous les enfants victimes de violences doivent pouvoir compter sur un système capable de les protéger effectivement.
Ces deux chantiers doivent avancer : une réforme ambitieuse de la lutte contre les violences fondées sur le genre et leur impact sur les enfants co-victimes, et une réforme profonde de la protection de l’enfance.
Nous attendons des décisions, des moyens et des changements concrets.
La Voix des Survivant(e)s asbl

