Suite au succès de la pétition n° 3409 de l’association La Voix des Survivant(e)s sur sa « Proposition de réformes pour lutter contre les violences fondées sur le genre et leur impact sur les enfants co-victimes », un débat public a eu lieu à la Chambre des députés le mercredi 2 juillet 2025, en présence de la ministre de la Justice, Élisabeth Margue, et de la ministre de l’Égalité des genres et de la Diversité, Yuriko Backes. À cette occasion, la présidente de l’association, Ana Pinto, a prononcé un discours vibrant que vous pouvez lire ici :Mesdames les Ministres, monsieur le Président de la Chambre, chers Députés, chers tous qui êtes présents ici ou qui nous regardez en ligne,

Je suis ici aujourd’hui, en tant que fondatrice et présidente de l’association La Voix des Survivant(e)s, accompagnée par les membres du Groupe Justice qui ont travaillé sur notre proposition de réformes. 

Nous nous tenons devant vous pour tous ceux qui ne peuvent plus parler. Pour ceux dont la vie a été volée et brisée. Pour les enfants qui ont grandi avec la peur dans les yeux, écrasés par le poids du silence. Combien de personnes, en ce moment même, sont assises dans une pièce, seules, sans espoir, sans aide ?

Nous ne parlons plus de statistiques. Nous parlons de vérités qui font mal. D’enfants qui ne jouent plus. De femmes qui ne vivent plus. D’hommes brisés par la honte et la violence. Des familles entières qui s’effondrent parce que la loi est trop lente, la justice trop froide, et que nous fermons tous les yeux.

En novembre 2023, nous avons marché entre Esch-sur-Alzette et Ettelbruck pour briser le silence autour des violences sexuelles, sexistes, physiques et psychiques. Des femmes, des hommes et des enfants nous ont rejoint sur la route. Ils ont témoigné de leurs histoires, de leurs espoirs, de leurs idées, de leur détermination à faire respecter les droits humains au Luxembourg. Toutes ces voix, et celles que nous avons recueillies depuis, nous ont donné la force de nous mobiliser pour réfléchir à des solutions.

Nous avons rédigé 57 propositions de réformes. Nous n’avons rien inventé : nous avons analysé minutieusement les lois d’autres pays et sélectionné celles qui offraient une meilleure protection.

Notre objectif est simple : la défense de la dignité de toutes les personnes confrontées à la violence. Quel que soit leur genre, leur âge, leur origine ou leur statut social.

Parce qu’un enfant protégé aujourd’hui, c’est un être humain qui pourra guérir demain.
Parce qu’une femme sauvée aujourd’hui, c’est une famille qui pourra exister demain.
Parce qu’une loi forte aujourd’hui rendra ce pays plus sûr demain.

Les responsables politiques et la société dans son ensemble doivent avoir le courage de regarder les violences sexuelles, sexistes, physiques et psychiques pour pouvoir les combattre.

Une maman nous a confié une lettre écrite par sa fille à l’élève qui l’a violée à l’âge de 14 ans. Je vais vous en lire un court extrait:

“Chaque jour, chaque heure, chaque minute ; il n’y a pas une seconde qui passe sans que j’ai l’impression que tu sois là à mes côtés en train de m’agresser encore et encore.
Tu es là, les images de cette nuit en bas dans les toilettes me reviennent constamment à chaque fois que je ferme les yeux.
Je vois flou / noir et revis cette scène encore et encore.
Ma respiration s’accélère jusqu’à ce qu’elle se bloque.
J’ai peur de croiser un homme.
J’ai l’impression qu’ils sont tous comme toi, […] qu’ils vont m’agresser.
Je finis à chaque fois en sanglots, me demandant pourquoi tu as fait ça et pourquoi j’ai été tellement impactée.
Tu m’as simplement gâché ma vie. Je n’arrive plus à profiter de quoi que ce soit, je suis constamment angoissée et j’ai un blocage.
Si seulement j’étais la seule touchée par cette histoire mais ce n’est pas le cas. En faisant ce que tu as fait, tu as fait énormément de mal à ma famille, mes amis, mon entourage. […] Ils ont peur et peut-être pitié.
Se dire qu’on pourrait tout arrêter, que tu pourrais disparaître à jamais. »

Éloïse a mis fin à ses jours à l’âge de 17 ans.
Sa maman et sa sœur sont présentes dans les tribunes aujourd’hui. Nous tenons à les remercier pour leur confiance et le courage dont elles ont fait preuve en partageant ce moment avec nous. Les derniers mots de sa fille expriment son désespoir, comme ceux de tant d’autres victimes. Il existe de nombreux suicides dits forcés, mais ils ne sont pas reconnus comme tels.

Au Luxembourg, chaque année, de nombreux cas d’abus contre des enfants sont signalés.
Mais qu’en est-il de tous ceux qui ne parlent pas ?

Pour comprendre l’ampleur du fléau, nous exigeons la mise sur pied au Luxembourg d’une Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants, à l’instar de la Ciivise en France.

Chaque jour, ici, dans notre pays, des femmes, des enfants, des hommes vivent dans la peur et dans la honte. Pas de l’autre côté de la planète, pas dans une réalité lointaine. 20% des femmes subissent chez nous des violences au cours de leur vie. 17 % des hommes.

Et les agresseurs ?
Combien continuent à vivre libres, parfois sous le même toit que leurs victimes ? Protégés par des procédures trop lentes et coûteuses, par une législation trop faible et souvent mal appliquée.

La violence engendre la violence : plus tard dans leur vie, des enfants qui ont été agressés seront plus susceptibles de devenir eux-mêmes des victimes ou des auteurs d’actes violents. À cet égard, une justice efficace a une fonction préventive qui peut briser le cycle de la violence.

Mesdames les Ministres, mesdames et messieurs les députés, vous êtes les représentants de la Nation, les garants de nos droits fondamentaux. 

Or dans notre pays:
Les services sociaux de la justice mettent une enfant de dix ans dans la position d’envoyer ou pas son père incestueux en détention préventive;
un violeur de quatre fillettes est condamné à huit années de prison AVEC SURSIS;
un tiers des plaintes des victimes de violence domestique sont classées sans suite;
des médiations sont ordonnées dans des cas de violences intrafamiliales, même si c’est interdit par la Convention d’Istanbul;
un parent violent peut conserver la garde de son enfant;
des victimes doivent choisir entre la justice et leur survie financière;
la parole de victimes, y compris d’enfants, n’est souvent pas crue;
des victimes sont poursuivies par ceux qui devraient les protéger dans leurs entreprises, pour être réduites au silence.
En Europe, seul un viol sur 100 débouche sur une condamnation ;

Je vais vous lire les propos de la ministre allemande de la Justice, Dr Stephanie Hubig : «Quiconque bat son partenaire doit s’attendre à ne plus pouvoir voir son enfant. Ou seulement en présence d’un accompagnant.»

Dans notre pays, le partenaire violent bénéficie toujours d’un droit de visite et d’hébergement, au nom du soi-disant intérêt supérieur de l’enfant. Si le parent protecteur tente de protéger son enfant, il va être accusé d’aliénation parentale, une théorie infondée, et menacé de placer l’enfant en famille d’accueil. Du coup, le parent protecteur garde le silence.

Mais est-ce vraiment dans l’intérêt supérieur de l’enfant ?

Chaque victime a le droit fondamental d’être protégée. Vous avez le pouvoir d’agir. 

Le Luxembourg en a-t-il les moyens ?
Nous venons d’apprendre que le budget de la défense militaire de notre pays va être doublé et atteindra 5% du Revenu National en 2035. Mais quelles sont nos armes face à la guerre invisible qui se déroule dans nos maisons, dans nos entreprises, dans nos écoles, dans nos lieux de culte, dans nos services sociaux… ?

Ces violences ont un coût. L’Institut européen pour l’égalité entre les femmes et les hommes a estimé le coût des seules violences domestiques au Luxembourg à 500 millions d’euros en 2021. Le montant est certainement beaucoup plus élevé si on prend en compte toutes les formes de violence de genre.

Nous appelons à une intensification massive des campagnes de sensibilisation et de prévention, à tous les niveaux, contre les violences sexistes et leurs conséquences sur les enfants, co-victimes. Cette action doit être menée non seulement par des personnes diplômées d’universités reconnues dans ce domaine, ce qui est évidemment important et positif, mais aussi par celles qui ont subi des violences.

Nous exigeons des « outils » législatifs et des moyens pour la Justice :
Nous appelons à la création d’un Tribunal spécialisé pour les violences fondées sur le genre et leur impact sur les enfants co-victimes, sur le modèle espagnol;
Nous vous exhortons à garantir le recrutement de personnel suffisant, formé et spécialisé;
Nous demandons la pénalisation du contrôle coercitif et de l’instrumentalisation des enfants dans ce cadre;
Nous vous demandons de faire reconnaître par la loi qu’un enfant témoin de violences intrafamiliales est un enfant victime;
Nous exigeons un renforcement du Centre national des victimes de violence qui offre les plus hauts standards de protection, à la hauteur du modèle de notre proposition.

Notre société a besoin d’une Justice qui permette aux victimes de se reconstruire. Vous avez le pouvoir de leur rendre leur dignité.

Si ce n’est pas vous, qui ?

Si ce n’est pas maintenant, quand ?

Nos 57 propositions sont un chemin pour y parvenir. Alors, nous vous demandons aujourd’hui un engagement concret : 
Porter nos propositions comme base de travail dans vos commissions parlementaires pour voter les réformes;  
Afficher dès à présent une échéance pour leur adoption en urgence.

Il est plus que temps. La directive européenne en matière de lutte contre les violences de genre vous fixe un ultimatum à juin 2027. Les victimes doivent être associées officiellement à ce processus en tant qu’experts. L’association La Voix des Survivant(e)s  est prête à poursuivre le travail avec vous.

Qu’en est-il de votre côté ?

 

MOT DE CONCLUSION

Mesdames les Ministres, chers Députés,

Nous ne voulons pas repartir d’ici comme d’habitude, avec un merci et une poignée de main. Non, pas cette fois. Nous voulons repartir d’ici avec un plan clair, un calendrier, et des Députés qui défendront nos propositions devant les commissions compétentes ! 

Ne détournez pas le regard. Notre proposition de réformes, sur laquelle nous travaillons depuis un an et demi, ne doit pas disparaître dans un tiroir. Nous vous demandons de nous prendre avec vous pour avancer. Car le désespoir, les larmes et les vies brisées que nous représentons ici sont plus que concrets. Leurs voix ne crient pas, elles saignent.

(Les témoignages sont lus par les membres du groupe Justice de LVDS)

“J’ai eu le courage de dénoncer une personne puissante et je me trouve, six ans après ma première plainte, encore en phase d’instruction: classement sans suite rapide, ordonnances d’irrecevabilité, 45 heures d’interrogatoires et auditions (toutes procédures confondues), expertise psychiatrique, impossibilité de me constituer partie civile pour pouvoir témoigner, poursuivie pour avoir parlé à la presse, poursuivie en diffamation, dans deux pays. Plus de 300.000 euros de dommages matériels, dont plus de 130.000 euros de frais d’assistance juridique et technique, 10 ans de vie détruite. La sensation que je reste victime de cette personne avec la complicité des pouvoirs publics.”

“Parfois, je me demande s’il était plus facile d’être violée et battue que de dénoncer ma situation. Une assistante sociale du parquet luxembourgeois m’a convoquée.  Quand je lui ai dit qu’il m’avait violée, elle s’est mise à rire. Elle a dit « désolée, je sais que ce n’est pas drôle » et elle a continué à rire de tout ce que je disais. La peur de ne pas être crue reste là. Pour se sentir « survivant”, on a besoin d’être cru, d’être reconnu comme victime. » 

«L’enfant est un jouet, une marionnette, un trophée… J’ai tellement à raconter sur les méthodes du SCAS, du JAF et de la jeunesse. C’est épouvantable ce qui se passe et comment les rapports sont rédigés. Les enfants n’ont plus de droits.»

« Mes enfants ont été placés à cause d’un rapport faussé du SCAS et je ne peux rien faire.Je suis au fond du trou, je ne trouve plus de sortie.Pour être sincère, j’aurais besoin de tout. D’un miracle surtout.»

“2024. Elle avait à peine 4 ans. Elle a dit à sa maman que sa Joffer avait mis ses doigts dans ses parties intimes. Que c’est pour ça qu’elle avait mal. Sa mère l’a crue. Mais à l’audition, le policier a remis la parole de la petite en question. Il ne l’a pas crue. Il a dit à sa mère : « Madame, vous lui avez sûrement mis des idées dans la tête en lui demandant si quelqu’un l’avait touchée”.Mesdames les Ministres, chers Députés, ce ne sont là que quelques témoignages recueillis par notre association au cours de la seule année écoulée.

Aujourd’hui, nous souhaitons repartir avec du concret. Aussi concret que les cercueils blancs de jeunes filles, de femmes, d’enfants et d’hommes assassinés ou poussés au suicide. Aussi concret que les diagnostics de cancer, les dépressions, les troubles de stress post-traumatique complexes que nous voyons chaque semaine, chez ces hommes et ces femmes qui nous appellent ou nous écrivent. Ce sont les conséquences directes des violences subies par ces personnes. Les violences sexistes laissent des cicatrices profondes, tant physiques que psychologiques, qui se manifestent par des maladies et des problèmes majeurs et durables.

L’association LVDS est prête à travailler avec vous. Ensemble, au sein d’une commission, mais êtes-vous prêts à parcourir ce chemin avec nous ?

Faites-le pour toutes les « Eloïse » qui sont encore des enfants, qui ont encore de l’espoir dans les yeux, pour toutes les femmes et tous les hommes qui croient encore en vous.

(Ce texte est traduit de sa version originale en luxembourgeois)

 

À l’issue du débat public, les députés ont voté une résolution : le texte « Proposition de réformes pour lutter contre les violences fondées sur le genre et leur impact sur les enfants co-victimes » sera soumis aux commissions parlementaires compétentes pour examen.

 

Un document intitulé « Pourquoi le pouvoir judiciaire ne remplit pas sa fonction préventive ou opère une revictimisation secondaire / Sursis, peines insuffisantes, acquittements : exemples de jugements problématiques » a été mis à la disposition des députés et des ministres après le débat public.

Le texte de nos 57 propositions de réforme est disponible ici.

La vidéo du débat public peut être visionnée ici.

Avant le débat public, une réunion des membres de l’association et des sympathisants a eu lieu devant la Chambre des députés, autour de l’exposition BRISONS LE SILENCE.

[:lb]

Nom Erfolleg vun der Petitioun 3409 vun der Associatioun La Voix des Survivant(e)s iwwer hire „Virschlag vu Reforme fir d’Bekämpfung vu geschlechtsbaséierter Gewalt an hiren Impakt op d’Kanner déi Co-Victimme sin“, huet e Mëttwoch, 2. Juli 2025, d‘ëffentlech Debatt vun dëser Petitioun an der Chambre des Députés stattfonnt a Präsenz vun der Justizministesch Elisabeth Margue a vun der Ministerin fir Geschlechtergläichheet an Diversitéit Yuriko Backes.

Bei dëser Geleeënheet huet d’Presidentin vun der Associatioun Ana Pinto eng ergräifend Ried gehalen déi mir hei weidergin:

Mesdames Ministeren, Här President vun der Chamber, Léif Deputéiert, Léif alleguerten déi hei present sinn oder déi eis online suivéieren,

Ech sinn haut hei, als Grënnerin a Presidentin vun der Associatioun La Voix des Survivant(e)s, begleet vun de Membere vum Groupe Justice, déi un eiser Propositioun vu Reforme wärend mei wéi anerhalleft Joer geschafft hunn.

Mir sin hei virun iech fir all déi, déi net méi schwätze kënnen. Fir déi, deenen hiert Liewe geklaut a gebrach gouf. Fir d’Kanner, déi mat der Angscht an den Aen opgewuess sinn, erdréckt vum Gewiicht vum Schweigen. Wéi vill Mënsche, wärend mir hei schwätzen, sëtzen an engem Zëmmer, eleng, ouni Hoffnung, ouni Hëllef?

Mir schwätzen hei net méi vu Statistiken. Mir schwätzen vu Wourechten, dei wéi din. Vu Kanner, déi net méi spillen. Vu Fraen déi net méi liewen. Vu Männer déi duerch Schimmt a Gewalt zerbrach sin.  Vu ganze Familljen déi zesummefalen, well d’Gesetz ze lues ass, d’Justiz ze kal, a mir all d’Aen leider ze off zoumachen

Am November 2023 si mir vun Esch op Ettelbréck zu Fouss marschéiert, fir d‘ Schweige ronderëm sexuell, sexistesch, physesch a psychesch Gewalt ze briechen. Fraen, Männer a Kanner hun eis op der Strooss begleet. Si hu vun hire Geschichten, Hoffnungen, Iddien, awer och vun hirer Verzweiflung, hirer Determinatioun erzielt. All dës Stëmmen, an déi, déi mir zënter hier gesammelt hunn, hunn eis d’Kraaft ginn, eis ze mobiliséiere fir iwwer Léisungen nozedenken. 

Mir hu 57 Propositioune vu Reforme geschriwwen. Mir hun näischt erfonnt, mir hunn akribesch d‘Gesetzer vun anere Länner analyséiert, an déi erausgepickt déi e bessere Schutz offréieren. 

Eist Zil ass einfach: d’Verdeedegung vun der Dignitéit vun all de Leit, déi mat Gewalt konfrontéiert sinn. Egal wat hire Genre, hiren Alter, hir Hierkonft oder hire soziale Status ass. 

Well e Kand dat haut geschützt gëtt, ass e Mënsch, dee muer heele kann. Well eng Fra, déi haut gerett gëtt, ass eng Famill, déi muer existéiere kann. Well e staarkt Gesetz haut, mécht dëst Land muer méi sécher.

Déi politesch Responsabel, zesumme mat der Gesellschaft,  mussen de Courage hun, all Typ vu Gewalt ze bekämpfen. 

Eng Mamm huet eis e Bréif uvertraut, deen hirt Meedchen un dée Schüler geschriwwen huet, deen hatt vergewaltegt huet, wéi hat 14 Joer al war. Ech liesen iech just e klengen Ausschnëtt:

 

“Chaque jour, chaque heure, chaque minute ; il n’y a pas une seconde qui passe sans que j’ai l’impression que tu sois là à mes côtés en train de m’agresser encore et encore.

Tu es là, les images me reviennent constamment à chaque fois que je ferme les yeux.

Je vois flou / noir et je revis cette scène encore et encore.

Ma respiration s’accélère jusqu’à ce qu’elle se bloque.

J’ai peur de croiser un homme.

J’ai l’impression qu’ils sont tous comme toi, […]qu’ils vont m’agresser.

Je finis à chaque fois en sanglots, me demandant pourquoi tu as fait ça et pourquoi j’ai été tellement impactée.

Tu m’as simplement gâché ma vie. Je n’arrive plus à profiter de quoi que ce soit, je suis constamment angoissée et j’ai un blocage.

Si seulement j’étais la seule touchée par cette histoire mais ce n’est pas le cas. En faisant ce que tu as fait, tu as fait énormément de mal à ma famille, mes amis, mon entourage. […] Ils ont peur et peut-être même pitié.

Se dire qu’on pourrait tout arrêter…que tu pourrais disparaître à jamais. »

 

D’Eloïse huet sengem Liewen en Enn gemaach, an dat  mat 17 Joer! Seng Mamm an seng Schwester sinn haut hei uewen op der Tribune. Mir wëllen hinne fir hiert Vertrauen an hire Courage, dat mat eis ze deelen, merci soen. Déi lescht Wierder vun hirem Meedchen bezeie seng Verzweiflung, esou wéi déi vun esou villen aneren Affer. Dei sougenannte suicides forcés gin et masseg, mee sie gin net als solch unerkannt. 

Zu Lëtzebuerg ginn all Joer vill Fäll vu Mëssbrauch géint Kanner gemellt. Mee wat ass mat all deenen, déi net schwätzen? Fir d’Ausmooss vun der Plo ze verstoe fuerdere mir d’Uschafung zu Lëtzebuerg vun enger onofhängeger Commissioun iwwer Inzest a sexuell Gewalt géint Kanner, wéi d‘CIIVISE a Frankräich.

All Dag, hei an eisem Land, liewe Fraen, Kanner, Männer an der Angscht an schummen sech fir eppes wat net hier Schold ass. Net op der anerer Säit vum Planéit, net an enger wäiter Realitéit… 20% vun de Fraen erliewen bei eis Gewalt am Laf vun hirem Liewen. 17% vun de Männer.

An d’Täter? Wéivill liewen weider fräi, heinsdo ënnert deem selwechten Daach wéi hir Affer? Geschützt duerch ze lues an deier Prozeduren, duerch eng ze schwaach Legislatioun, déi dacks schlecht applizéiert gëtt.

Gewalt bréngt Gewalt: Etüden hunn erausfonnt dass Kanner, déi Gewalt erliewt hunn, wäerte mei spéit an hirem Liewen éischter erem Affer oder Täter vu Gewalt ginn. An dësem Kontext huet eng effizient Justiz eng preventiv Funktioun, déi den Zyklus vun der Gewalt brieche kann.

Léif Ministeren, dir Dammen an dir Hären Deputéiert, dir sidd d’Vertrieder vun der Natioun, d’Garante vun eisen fundamentale Rechter. Mee…….

Wéi ass et hei am Land ?

D’Sozialservicer vun der Justiz setzen e Meedchen vun 10 Joer an d‘ Verantwortung, säi Papp, deen Inzest begaangen huet, an d’Untersuchungshaft ze schécken oder net;

e Vergewalteger vu 4 klenge Meedercher gëtt zu 8 Joer Prisong MAT Integralem SURSIS verurteelt;

een Drëttel vun de Plainte vun häuslecher Gewalt gi sans Suite klasséiert;

Mediatioune ginn nach ëmmer am Fall vun intrafamiliärer Gewalt ugeuerdent, och wann dat duerch d’Istanbuler Konventioun verbueden ass;

en gewalttätegen Elterendeel kann d’Suergerecht fir säi Kand behalen an deen aneren Elterendeel an d’Kand weider terroriséieren

d’Affer mussen tëschent der Justiz an hirem finanziellen Iwwerliewe wielen;

d’Wuert vun den Affer, och vu Kanner, gëtt dacks net gegleeft;

d’Affer vun harcèlement an den Entreprisen gi meeschtens zum Schweigen bruecht andeems si den Service musse changéieren, erausgehäit oder gemobbt ginn.

An Europa féiert nëmmen 1 Vergewaltegung vun 100 zu enger Verurteelung

Ech liesen iech hei d‘Wierder vun der däitscher Justizministesch Dr. Stephanie Hubig:

„Wer seine Partnerin schlägt, muss damit rechnen, dass er sein Kind nicht mehr sehen darf. Oder nur im Beisein einer Begleitperson.“ 

Hei am Land kritt de gewalttätegen Partner ëmmer nach en Droit de Visite et d’Hébergement, am Numm vum sougenannten Intérêt Supérieur vum Kand. Wann de schützenden Elterendeel probéiert säi Kand ze schützen, gëtt direkt vun Aliénation Parentale geschwaat, eng falsch Théorie, an et gëtt mam Placement vum Kand gedreet. Also gëtt geschwiegen. 

Mee ass dat wierklech am Intérêt vum Kand? 

All Affer huet dat fundamentalt Recht geschützt ze ginn. Dir hutt d’Muecht fir ze handelen. 

Mee huet Lëtzebuerg d’Moyenen dofir, sot dir mir elo ? Mir hu grad héieren, dass de Budget vun der militärescher Verdeedegung vun eisem Land wäert verduebelt ginn, an 5% vum Revenu National am Joer 2035 erreechen. 

Mee wat sinn eis „Waffen“ géint den onsichtbare Krich, deen an eisen Haiser, an eisen Entreprisen, an eise Schoulen, an eise Kultusplazen, an eise Sozialservicer stattfënnt…? Dës Gewalt huet e Käschtepunkt. Den Europäeschen Institut fir d’Gläichheet tëschent Fraen a Männer huet d’Käschte vun der häuslecher Gewalt eleng zu Lëtzebuerg op 500 Milliounen Euro am Joer 2021 geschaat. D’Käschte sinn entre-temps sécher vill méi héich, wann een all d’Forme vu Gender-Gewalt berücksichtegt. 

Mir fuerderen eng massiv Oprëschtung a Saache Sensibilisatiouns- a Preventiounscampagnen op allen Niveaue géint Gender-baséiert Gewalt an hiren Impakt op d’Kanner als Co-victime. Awer net nëmme vu Leit déi grouss Unisdiplomer an der Matière hunn, natierlech as dat och wichteg a gutt, awer och vun deenen dei d’Gewalt um eegene Kierper erliewt hunn. 

 Mir fuerdere legislativ « Instrumenter » a Moyene fir d’Justiz: Mir ruffen zur Schafung vun engem spezialiséierten Tribunal fir Gender-baséiert Gewalt an hiren Impakt op d’Kanner als Co-victimen op, nom spueneschen Modell; et muss ee wëssen dass duerch d’Schafe vun esou engem Geriicht a Spuenien, en Drëttel manner Feminiciden erreecht gouf. 

Mir drängen iech, de Recrutement vu genuch, gutt forméiert a spezialiséiertem Personal ze garantéieren;

Mir froen d’Aféierung vum contrôle coercitif an de code pénal;

Mir froen iech, duerch d’Gesetz un ze erkennen, dass e Kand, dat Zeie vun intrafamiliärer Gewalt ass, och eng Victimm ass. 

Mir fuerderen eng Stäerkung vum Centre National des Victimes de Violence, deen déi héchst Schutzstandarden ubitt, esou wéi et an eiser Propositioun drasteet.

Eis Gesellschaft brauch eng Justiz, déi den Affer erlaabt, sech erem opzebauen. Dir hutt d’Muecht, hinnen hir Dignitéit zréckzeginn. 

Wann net dir, wien dann? 

Wann net elo, wéini dann? 

Eis 57 Propositioune sinn e Wee, fir dat z’erreechen. Dofir froen mir iech haut e konkreten Engagement: EIS Propositiounen als Aarbechtsbasis an är parlamentaresch Commissiounen ze droen, fir d’Reforme ze stëmmen; 

Schon elo en Datum fir hir dréngend Adoptioun unzekënnegen. Et ass méi wéi Zäit. D’europäesch Direktiv iwwer de Kampf géint Gewalt géint Fraen an häuslech Gewalt setzt iech en Ultimatum bis Juni 2027.

D’Affer mussen offiziell als Experten an dëse Prozess abezuginn. D’Associatioun La Voix des Survivant(e)s ass prett, d’Aarbecht un ärer Säit weiderzeféieren. Wei ass et mat iech? 

SCHLUSSWIERDER

Mesdames Ministeren, Léif Députéiert,

Mir wëllen hei net erausgoe wéi ëmmer, mat engem Merci an engem “handshake”. Neen – net dës Kéier. Mir wëllen hei erausgoe mat engem klore Plang, engem Kalenner, mat Deputéierten déi eis Propositioune virun deene betraffene Commissiounen verdeedegen! Kuckt net ewech. Eis proposition de réformes un där mir anerhalleft Joer geschafft hunn, soll net an engem Tirang verschwannen. Mir bieden iech, huelt Eis mat an d‘Boot.  Well d’Verzweiflung, d’Tréinen a gebrache Liewensweeër déi mir hei vertrieden, si méi ewéi konkret. Hir Stëmme jäizen net mei – si bludden.

(D’Aussoe gi vu Membere vun der Justizgrupp virgelies)

“Je m’en suis voulue à mort d’avoir retiré ma première plainte après son attaque au couteau. Car c’est devenu encore pire après. J’ai refait une plainte car il n’arrêtait pas de me suivre, de m’envoyer des messages, de se poster devant chez moi, d’escalader mes clôtures pour venir m’espionner la nuit. Les preuves étaient sur tous les messages que j’ai donnés à la police. Il a été appelé et entendu. Évidemment, il a nié. Malgré les photos et les messages. Plainte classée sans suite.” 

“J’ai eu le courage de dénoncer une personne puissante et je me trouve, six ans après ma première plainte, encore en phase d’instruction: classement sans suite rapide, ordonnances d’irrecevabilité, 45 heures d’interrogatoires et auditions (toutes procédures confondues), expertise psychiatrique, impossibilité de me constituer partie civile pour pouvoir témoigner, poursuivie pour avoir parlé à la presse, poursuivie en diffamation, dans deux pays. Plus de 300.000 euros de dommages matériels, dont plus de 130.000 euros de frais d’assistance juridique et technique, 10 ans de vie détruite. La sensation que je reste victime de cette personne avec la complicité des pouvoirs publics.”

“Parfois, je me demande s’il était plus facile d’être violée et battue que de dénoncer ma situation. Une assistante sociale du parquet luxembourgeois m’a convoquée.  Quand je lui ai dit qu’il m’avait violée, elle s’est mise à rire. Elle a dit « désolée, je sais que ce n’est pas drôle » et elle a continué à rire de tout ce que je disais. La peur de ne pas être crue reste là. Pour se sentir « survivant”, on a besoin d’être cru, d’être reconnu comme victime. » 

 « L’enfant est un jouet, une marionnette, un trophée… J’ai tellement à raconter sur les méthodes du SCAS, du JAF et de la jeunesse. C’est épouvantable ce qui se passe et comment les rapports sont rédigés. Les enfants n’ont plus de droits. »

« Mes enfants ont été placés à cause d’un rapport faussé du SCAS et je ne peux rien faire. Je suis au fond du trou, je ne trouve plus de sortie. Pour être sincère, j’aurais besoin de tout. D’un miracle surtout. »

“2024. Elle avait à peine 4 ans. Elle a dit à sa maman que sa Joffer avait mis ses doigts dans ses parties intimes. Que c’est pour ça qu’elle avait mal. Sa mère l’a crue. Mais à l’audition, le policier a remis la parole de la petite en question. Il  ne l’a pas crue. Il a dit à sa mère : « Madame, vous lui avez sûrement mis des idées dans la tête en lui demandant si quelqu’un l’avait touchée”.

Mesdames Ministeren, Léif Députéierten,

Dëst si just e puer Temoignagen déi eis Associatioun alleng am Laf vum leschte Joer gesammelt huet.

Haut wëlle mir hei erausgoe mat eppes Konkretem. Sou konkret wéi déi wäiss Särg vu jonke Meedercher, vu Fraen, vu Kanner a Männer – ëmbruecht oder an de Suicide gedriwwen. Sou konkret wéi d’Kriibs-Diagnosen, d’Depressiounen, déi komplex posttraumatesch Stressstéierungen déi mir all Woch gesinn, vun dëse Männer a Fraen déi eis uruffen oder eis schreiwen. Dat sinn direkt Konsequenze vun de Gewalttaten déi dës Leit erlidden hunn. D’Geschlechtbaséiert Gewalt hannerléisst déif Spueren, souwuel kierperlech als och psychologesch, déi sech a Krankheeten an a groussen a laangwierege Problemer manifestéieren.

D’Associatioun LVDS ass prett zesummen mat iech ze schaffen. Zesummen an enger Commissioun, mee sidd dir da gewëllt mat eis dee Wee ze machen?

Macht et net fir Eis, fir dei mecht vun Eis, dei hei setzen, as et ze speit. Macht et fir all dei „Eloise“ dei nach kanner Sinn, dei nach Hoffnung an den Aen hunn, fir all dei Fraen a Männer dei nach un iech gleewen…

Conclusioun:

No der ëffentlecher Debatt hun d’Deputéiert eng Resolutioun gestëmmt:

Den Text „Virschlag vu Reforme fir d’Bekämpfung vu geschlechtsbaséierter Gewalt an hiren Impakt op d’Kanner déi Co-Victimme sin“ gëtt den zoustännege Parlamentskommissioune fir ze iwwerpréiwe virgelucht.

Un document intitulé « Pourquoi le pouvoir judiciaire ne remplit pas sa fonction préventive ou opère une revictimisation secondaire / Sursis, peines insuffisantes, acquittements : exemples de jugements problématiques » a été mis à la disposition des députés et des ministres après le débat public.

Le texte de nos 57 propositions de réforme est disponible ici.

La vidéo du débat public peut être visionnée ici.  

Avant le débat public, une réunion des membres de l’association et des sympathisants a eu lieu devant la Chambre des députés, autour de l’exposition BRISONS LE SILENCE.

 

Following the success of The Voice of the Survivors’ petition No. 3409 regarding its ‘Proposal for reforms to combat gender-based violence and its impact on child co-victims’, a public debate was held in Parliament (Chambre des députés) on Wednesday 2 July 2025. It was attended by the Minister of Justice, Élisabeth Margue, and the Minister for Gender Equality and Diversity, Yuriko Backes. On this occasion, the association’s president, Ana Pinto, gave a stirring speech, which you can read below:

 

Dear Ministers, dear President of the Parliament, dear Members of Parliament, dear all of you who are present here or watching us outside or online,

I am here today, as founder and president of the association The Voice of the Survivors, accompanied by the members of the Justice Group who worked on our proposed reforms.

We stand before you for all those who can no longer speak. For those whose lives have been stolen and shattered. For the children who have grown up with fear in their eyes, crushed by the weight of silence. How many people, at this very moment, are sitting in a room, alone, without hope, without help?

We are no longer talking about statistics. We’re talking about painful truths. Children who no longer play. Women whose lives have been put on hold. Men broken by shame and violence.Entire families falling apart because the law is too slow, justice is too cold, and we all turn a blind eye.

In November 2023, we walked between Esch-sur-Alzette and Ettelbruck to break the silence around sexual, gender-based, physical and psychological violence. Women, men and children joined us along the way. They shared their stories, their hopes, their ideas and their determination to see human rights respected in Luxembourg.

All these voices, and those we have gathered since, have given us the strength to mobilise and think about solutions. We drafted 57 reform proposals. We didn’t invent anything: we carefully analysed the laws of other countries and selected those offering better protection.

Our aim is simple: to defend the dignity of all people who face violence. Whatever their gender, age, origin or social status.

Because a child protected today, is a human being who can recover tomorrow.
Because a woman saved today, means a family that can exist tomorrow.
Because a strong law today, will make this country a safer place tomorrow.

Politicians and society as a whole must have the courage to face sexual, sexist, physical and psychological violence in order to fight against it.

A mother gave us a letter written by her daughter to the pupil who raped her when she was 14. I’ll read you a short extract:

 

“Every day, every hour, every minute; there’s not a second that goes by that I don’t feel like you’re there beside me, abusing me over and over again.

You’re there, the images of that night downstairs in the toilets keep coming back to me every time I close my eyes.

My vision is blurred and I relive the scene, over and over again.

My breathing quickens until it stops.

I’m afraid of running into a man.

I have the feeling that they’re all like you, […] that they’re going to assault me.

I end up sobbing every time, wondering why you have done that and why I’ve been so affected by it.

You’ve simply ruined my life. I can’t enjoy anything anymore, I’m constantly anxious and I feel stuck.

I wish I was the only one affected by this, but I’m not. By doing what you did, you hurt my family, my friends and those around me a great deal. […] They’re scared and perhaps have pity.

To think that it could all stop, that you could disappear forever”.

 

Éloïse took her own life, at the age of 17.

Her mother and sister are here today. We would like to thank them for their trust and courage in sharing this moment with us. Her daughter’s last words express her despair, like those of so many other victims. There are many so-called forced suicides, but they are not recognised as such.

In Luxembourg, many cases of child abuse are reported every year. But what about all those who don’t speak out?

To understand the scale of this scourge, we are calling for an independent commission on incest and sexual violence against children to be set up in Luxembourg, along the lines of the CIIVISE in France.

Every day, here in our country, women, children and men live in fear and shame. Not on the other side of the world, not in some distant reality. 20% of women in our country experience violence in the course of their lives. 17% of men.

And the perpetrators?

How many continue to live free, sometimes under the same roof as their victims? Protected by procedures that are too slow and costly, by legislation that is too weak and often poorly enforced.

Violence breeds violence: later in life, children who have been abused are more likely to become victims or perpetrators of violence themselves. In this respect, effective justice has a preventive function that can break the cycle of violence.

Dear Ministers and Members of Parliament, you are the representatives of the nation, the guarantors of our fundamental rights. But in our country:

the justice system’s social services put a ten-year-old child in the position of having to decide whether or not to send her incestuous father into pre-trial detention;

a man convicted of raping four young girls received an eight-year suspended prison sentence;

one third of complaints by victims of domestic violence are dismissed;

mediation is ordered in cases of domestic violence, even though it is prohibited by the Istanbul Convention;

a violent parent can retain custody of their child;

victims have to choose between justice and financial survival;

the voices of victims, including children, are often not believed;

victims are prosecuted by those who should be protecting them in their companies, only to be silenced.

In Europe, only one in a hundred rapes results in a conviction.

Let me read you what the German Minister of Justice, Dr Stephanie Hubig, stated:

“Anyone who beats their partner should expect to be denied access to their child. Or only in the presence of an accompanying person.”

In our country, the abusive partner always has access and accommodation rights, in the name of the so-called best interests of the child. If the protective parent tries to protect his child, he will be accused of parental alienation, an unfounded theory, and threatened with having the child placed in foster care. As a result, the protective parent remains silent.

But is this really in the best interests of the child?

 

 

Every victim has a fundamental right to protection. You have the power to act.

Does Luxembourg have the means to do so?

We have just found out that our country’s military defence budget is to be doubled and will reach 5% of our national income by 2035.

But what weapons do we have against the invisible war being waged in our homes, in our businesses, in our schools, in our places of worship, in our social services…?

This violence has a cost. The European Institute for Gender Equality has estimated the cost of domestic violence in Luxembourg alone at 500 million euros in 2021. The figure is certainly far higher if all forms of gender-based violence are taken into account.

We are calling for a massive intensification of awareness-raising and prevention campaigns, at all levels, against gender-based violence and its consequences for children, who are co-victims. This work must be carried out not only by people with university degrees in this field, which is obviously important and positive, but also by those who have suffered violence.

We demand legislative “tools” and resources for the justice system:

We call for the creation of a specialised court for gender-based violence and its impact on child co-victims, based on the Spanish model;

We urge you to ensure the recruitment of sufficient, trained and specialised staff;

We call for the criminalisation of coercive control and of the instrumentalisation of children in this context;

We ask you to ensure that the law recognises that a child who witnesses intrafamilial violence is a child victim;

We demand that the National Centre for Victims of Violence be strengthened to offer the highest standards of protection.

Our society needs a justice system that enables victims to rebuild their lives. You have the power to restore their dignity.

If not you, then who?

If not now, then when?

Our 57 proposals are a pathway to get there.

So today, we are asking you for a concrete commitment:

Use our proposals as a basis for work in your parliamentary committees to vote on the reforms;

Set an immediate deadline for their adoption as a matter of urgency.

It is high time. The European directive on combating gender-based violence gives you an ultimatum for June 2027.

Victims must be officially involved as experts in this process. The association The Voice of the Survivors is ready to continue working with you. What about you?

 

CLOSING SPEECH

Dear Ministers, dear Members of Parliament,

We don’t want to leave from here as usual, with a thank you and a handshake. Not this time. We want to leave from here with a clear plan, a timetable, and Members of Parliament who will defend our proposals before the relevant committees. 

Don’t look away. Our reform proposals, which we worked on for a year and a half, must not disappear into a drawer. We ask you to take us on board with you.

Because the despair, the tears and the shattered lives that we represent here are more than concrete. Their voices don’t scream, they bleed…

(Testimonials read by members of the Justice group)

“I blamed myself to death for having withdrawn my first complaint after he attacked me with a knife. Because it got even worse afterwards. I filed another complaint because he wouldn’t stop following me, sending me messages, standing outside my house, climbing my fences to come and spy on me at night. The evidence was in all the messages I gave to the police. He was called in and questioned. Of course, he denied it. Despite the photos and messages. Complaint dismissed.”

“I had the courage to denounce a powerful individual and now, six years after my initial complaint, I still find myself stuck in the investigation phase: the case was quickly dismissed, with orders of inadmissibility. I underwent 45 hours of questioning and hearings (all procedures combined), was subjected to psychiatric expertise, faced the impossibility of filing a civil suit to be able to testify, I was sued for speaking to the press and for defamation, in two different countries. Over €300,000 in material damage, including over €130,000 in legal and technical assistance costs. 10 years of my life have been destroyed. I am left with the feeling that I remain a victim of this person, with the complicity of the public authorities.”

« Sometimes I wonder if it was easier to be raped and beaten than to report my situation. A social worker from the Luxembourg public prosecutor’s office summoned me. When I told her that he had raped me, she started laughing. She said “sorry, I know it’s not funny” and continued to laugh at everything I said. The fear of not being believed remains. To feel like a survivor, you need to be believed, to be recognised as a victim.”

“The child is a toy, a puppet, a trophy… I have so much to tell you about the methods used by the SCAS, the family judge and the youth services. It’s appalling what happens and how the reports are written. Children have no rights anymore.”

“My children have been placed in care because of a flawed SCAS report and there’s nothing I can do. I’m at the bottom of the pit and there’s no way out. To be honest, I would need everything. Mostly a miracle.”

“2024. She was just 4 years old. She told her mum that her Joffer (teacher) had put her fingers in her private parts. That’s why it hurt. Her mother believed her. But during the interview, the police officer called what the little girl had said into question. He didn’t believe her. He said to her mother: “Madam, you must have put ideas into her head by asking her if anyone had touched her”.”

Dear Ministers, dear Members of Parliament,

These are just a few of the testimonies gathered by our association over the past year alone.

Today, we would like to start again with something concrete. As concrete as the white coffins of young girls, women, children and men murdered or driven to suicide. As real as the diagnoses of cancer, depression and complex post-traumatic stress disorders that we see every week in the men and women who call us or write to us. These are the direct consequences of the violence they have suffered. Gender-based violence leaves deep scars, both physical and psychological ones, which manifest themselves in major and lasting illnesses and problems.

The association The Voice of the Survivors is ready to work with you. Together, in a committee, but are you ready to walk this road with us?

Do it for all the “Eloïses” who are still children, who still have hope in their eyes, for all the women and men who still believe in you.

(This text is translated from its original version in Luxembourgish)

 

 

 

At the end of the public debate, MPs voted on a resolution.

The text ‘Proposed reforms to combat gender-based violence and its impact on child co-victims’ will be submitted to the relevant parliamentary committees for consideration.

A document entitled ‘Why the judiciary is failing to fulfill its preventive role or is causing secondary revictimisation – Suspended sentences, inadequate penalties, acquittals: examples of problematic judgements’ was made available to MPs and ministers after the public debate.

The text of our 57 proposals for reform is available here.

The video of the public debate can be viewed here.

Before the public debate, a rally was held in front of Parliament, with members of the association and supporters holding up the canvases from the photo exhibition LET’S BREAK THE SILENCE.

 

 

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