L’association La Voix des Survivant(e)s a présenté lundi 14 octobre à l’auditorium du Cercle Cité sa proposition de loi organique pour la lutte contre les violences fondées sur le genre et l’impact sur les enfants co-victimes. 

Ce texte, qui compte 52 articles articulés en trois parties, vise à mieux prévenir cette violence, mettre fin à l’impunité et mieux prêter assistance aux victimes. 

L’association LVDS veut répondre aux dysfonctionnements dont ses membres ont été victimes ou témoins. Elle souhaite ainsi contribuer activement au futur Plan d’Action National contre les violences de genre à l’agenda du gouvernement en faisant de ce texte une grande cause nationale et transpartisane.

La ministre de la Justice Elisabeth Margue, plusieurs députés, des représentants d’associations,  d’institutions étatiques ainsi que le public ont eu l’occasion de réagir à ces propositions.

LVDS est disposée à poursuivre les discussions autour de son texte avec tous les responsables politiques qui veulent contribuer à porter cette cause.

La méthodologie

Le texte a  été rédigé par le groupe Justice de LVDS : une équipe pluridisciplinaire avec diverses perspectives et compétences (juristes, victimes/survivantes, journaliste, experts dans le domaine des violences, de la protection de l’enfance, etc.)

Le travail s’est appuyé sur un grand éventail de sources : les meilleures pratiques européennes et internationales, le rapport d’évaluation du GREVIO sur la mise en œuvre de la Convention d’Istanbul au Luxembourg, la directive européenne 2024/1385, la littérature scientifique en matière de violences, etc.

Partie 1 : Dispositions de droit pénal 

De nouvelles dispositions sont introduites dans le droit pénal afin boucher les « trous dans la raquette » du dispositif répressif, en vue de disposer d’une législation performante et dissuasive. Cela concerne :  la violence psychologique ; le contrôle coercitif ; le harcèlement moral et sexuel (criminalisation) ; la violence économique ; le féminicide. 

Le texte prévoit par ailleurs une modification des dispositions existantes autour de : la violence domestique ; le consentement ; la durée des peines.

Partie 2 : Les mesures relatives aux droits des victimes et co-victimes ainsi que les mesures de prévention 

La proposition introduit un statut administratif de victime, inspiré de la législation espagnole. Il sera octroyé par le futur Centre National d’Accueil des Victimes (CNAV) annoncé par le gouvernement dans le cadre de son Plan d’Action National contre les violences de genre. 

La proposition détaille l’organisation et les missions du CNAV, qui doit être un organisme indépendant supervisé par un Conseil d’administration où siègent notamment des représentants d’associations de victimes et des spécialistes de l’enfance.

Les personnes ayant obtenu du CNAV le statut administratif de « victime » ont accès à des droits renforcés. Il s’agit de mesures relatives à l’emploi, les aides sociales, la priorité d’accès aux logements, le suivi psychologique et psychiatrique gratuit pour les victimes de violences de genre et leurs co-victimes, le droit à l’autorisation de séjour, les bourses et aides aux études, l’aide financière spéciale. 

L’objectif est de lutter contre la victimisation secondaire qui fragilise et précarise à long terme les victimes de violence de genre.

Des articles sont consacrés aux enfants co-victimes en abordant la question de l’autorité parentale et du droit de garde du parent violent en cas de violence domestique. 

La situation particulière des victimes de traite des êtres humains répond à la problématique de l’attribution d’un logement protégé et à l’accès aux services d’aide, et ce dès l’octroi du statut de victime présumé.

Plusieurs articles abordent les mesures de prévention des violences de genre : politique volontariste de sensibilisation du public et dans les écoles, critères spécifiques de recrutement, de formation et de supervision des professionnels impliqués dans la lutte contre les violences de genre.

Partie 3 : Création d’un tribunal spécialisé et dispositions procédurales dérogatoires 

Un Tribunal spécialisé dans la lutte contre les violences de genre, coordonnant les compétences civiles et pénales, est créé. Son objectif est d’offrir aux victimes une protection globale pour le lancement d’une procédure, mais aussi pendant et après celle-ci. Cela doit permettre de rendre la justice efficace et effective, afin d’éviter la victimisation secondaire. Cela affirme également une dimension de fonction préventive de la répression. 

 La proposition aborde la question de la formation spécifique des juges et experts, ainsi que la coordination des compétences civiles, pénales et de la jeunesse pour une protection complète.Des mesures dérogatoires sont introduites afin de répondre à la spécificité des violences de genre : l’accès aux droits (témoignage, accès au dossier, mesures d’instruction et protection) sans obligation de se constituer partie civile ;  Le témoignage de la victime doit être évalué au même titre que les autres preuves ; Le sursis de peine pour les primo-délinquants est limité ; Les délais de prescription sont modifiés.

Pour plus d’informations, contacter l’association à l’adresse lvds.lux@gmail.com

The association La Voix des Survivant(e)s presented its proposal for an organic law to combat gender-based violence and its impact on child co-victims at the Cercle Cité auditorium on Monday October 14.

The 52-article text, divided into three parts, aims to prevent such violence more effectively, put an end to impunity and provide better assistance to victims.

The LVDS association wants to respond to the dysfunctions its members have experienced or witnessed. It hopes to make an active contribution to the government’s future National Action Plan against gender-based violence, by making this text a major national cause.

The Minister of Justice, Elisabeth Margue, several members of parliament, representatives of associations and state institutions, as well as members of the public, had the opportunity to react to these proposals.

LVDS is ready to pursue discussions on its text with all political leaders who want to contribute to this cause.

The methodology

 The text was written by the LVDS Justice Group: a multidisciplinary team with diverse perspectives and skills (jurists, victims/survivors, journalists, experts in the field of violence, child protection, etc.).

The work drew on a wide range of sources: European and international best practices, GREVIO’s evaluation report on the implementation of the Istanbul Convention in Luxembourg, European Directive 2024/1385, scientific literature on violence, etc., as well as a number of other sources.

Part 1: Criminal law provisions

The text proposes the introduction of new provisions into criminal law to plug the « holes in the racket » of the repressive system, with a view to having effective and dissuasive legislation. This concerns: psychological violence; coercive control; moral and sexual harassment (criminalization); economic violence; feminicide.

The text also amends existing provisions on domestic violence, consent and length of sentences.

Part 2: Measures relating to the rights of victims and co-victims and prevention measures

The proposal introduces an administrative victim status, inspired by Spanish legislation. It will be granted by the future National Center for Victims (CNAV) announced by the government as part of its National Action Plan against gender violence.

The proposal details the organization and missions of the CNAV, which must be an independent body supervised by a Board of Directors. The Board will include representatives of victims’ associations and child specialists.

People who have obtained the administrative status of « victim » from the CNAV have access to enhanced rights. These include measures relating to employment, social benefits, priority access to housing, free psychological and psychiatric follow-up for victims of gender-based violence and their co-victims, the right to residence permits, scholarships and study grants, and special financial aid.

The aim is to combat secondary victimization, which makes victims of gender-based violence vulnerable and precarious in the long term.

Some articles are devoted to children as co-victims, addressing the question of parental authority and the violent parent’s right of custody in cases of domestic violence.

The special situation of victims of human trafficking is addressed by the issue of protected housing and access to support services, as soon as presumed victim status is granted.

A number of articles deal with measures to prevent gender-based violence: a proactive policy to raise awareness among the general public and in schools, and specific recruitment, training criteria and supervision for professionals involved in the fight against gender-based violence.

Part 3: Creation of a specialized tribunal and derogating procedural provisions

A specialized Gender Violence Court has been set up, coordinating civil and criminal jurisdiction. Its aim is to offer victims comprehensive protection at the outset of proceedings, as well as during and afterwards. This should make justice efficient and effective, to avoid secondary victimization. It also affirms the preventive function of repression.

 The proposal addresses the issue of specific training for judges and experts, as well as the coordination of civil, criminal and youth competencies to ensure full protection.

Derogatory measures have been introduced to respond to the specific nature of gender-based violence: access to rights (testimony, access to case files, investigative measures and protection) without the obligation to act as a civil party; the victim’s testimony must be evaluated in the same way as other evidence; suspended sentences for first-time offenders are limited; prescription periods have been modified.

For further information, contact the association at: lvds.lux@gmail.com

A lire également

2 octobre, 2026

Il est temps de donner suite aux demandes des victimes

Les violences ont des conséquences durables sur les personnes

27 juillet, 2026

Prévention et self defense : stage de Krav Maga

L’association La Voix des Survivant(e)s organise entre le 26